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Le COMING-OUT

Hello les loulous, vous allez bien ? Je vous écris cet article dimanche après avoir rien mais rien fait de mon weekend, cette habitude commence à devenir récurrente, il faut que je me bouge un peu pour les prochains weekends. Mais comment ça fait du bien de ne rien faire ! J’ai remarqué que moins tu en faisais, moins tu avais envie d’en faire. Anyhow, je vous retrouve aujourd’hui pour mon troisième article de collaboration de ce mois-ci afin de clôturer ce long mois de Janvier. On va aborder une grande notion dont j’avais hâte de vous parler : le Coming-Out. Alors pour ceux qui ne le savent pas, le coming-out vient de l’expression raccourcie « coming out of the closet », en Français ça donne « sortir du placard » entre autre, c’est l’annonce volontaire pour exprimer son orientation sexuelle. Petit disclaimer, cet article n’est pas fait pour mon coming out personnelle, I don’t need that ! Mais, c’est un sujet qu’on n’aborde pas souvent et je trouve ça intéressant de parler de cette notion car aujourd’hui il y a encore trop de monde qui reste bloqué dans leur placard et vit cette situation très mal. Le but est de sensibiliser, d’aider les personnes qui auraient envie de le faire mais aussi de rassurer les plus dubitatifs. Si vous êtes toujours là, c’est que cet article vous intéresse, alors stay tuned !

J’ai réalisé cet article avec l’aide précieuse d’une amie qui nous a livré son expérience. Je trouvais ça bien d’avoir une conversation à cœur ouvert, c’est comme ça qu’on arrive le mieux à toucher et à faire comprendre aux gens quand la franchise et la transparence sont de rigueurs. Pour structurer cette interview, je vais vous livrer la structure/les questions que j’ai posées pour que vous puissiez comprendre le cheminement des réponses. J’ai commencé par demander une brève présentation, j’ai ensuite demandé qu’elle parle de son expérience avec son coming-out, à quel âge, comment elle l’a découvert et quelle a été la réaction de sa famille. Je lui ai demandé de me donner son ressenti face à la situation, comment elle voit les choses aujourd’hui ainsi que son point de vue. Mais aussi, comment le coming-out est vu par la société. Pour finir, je lui ai demandé quelques conseils qu’elle pourrait donner à quelqu’un qui se cherche et selon elle qu’elle est la « méthode » pour l’annoncer. Je vous demande une grande tolérance et du respect pour les propos qui ont été dits car ce n’est pas facile de parler de tout ça. Je veux bien sûr remercier mon amie pour ce témoignage touchant. Allez, c’est parti !

 » Je m’appelle Pauline, j’ai 22 ans, je suis blésoise et je vis au domicile familiale. Pour exposer ma situation, je suis plutôt bisexuelle mais quand même plus tournée vers les filles. Plus tard, je me vois faire ma vie avec une fille mais je reste ouverte aux garçons. C’est plus pour un coup comme ça et les filles sur le long terme. J’ai découvert ma bisexualité quand je suis arrivée en seconde, j’avais environ 16 ans. Tout a commencé quand  j’ai rencontré une fille, au départ on était amies, mais plus le temps passait, plus on se parlait tous les jours. On avait des petites  attentions l’une pour l’autre, je pensais tout le temps à elle alors que quand tu es vraiment pote, ça ne se passe pas comme ça. Avec elle, j’étais timide, je ressentais les mêmes sensations que quand j’avais un mec. Par la suite, on s’est mise ensemble, je suis tombée amoureuse mais ni moi ni elle ne nous assumions. C’était d’ailleurs la première fois que je tombais amoureuse et je me suis rendu compte que je n’avais jamais aimé les garçons avec qui j’étais sorti. Au bout d’1 an, on a commencé à en parler à quelques potes. Pour moi,  la première personne était ma sœur jumelle.  

Pendant les 6 mois après l’annonce à ma sœur,  j’ai eu du mal à vraiment montrer les choses et ce n’est qu’au bout d’un an que j’ai assumé.  Je n’arrivais pas à le faire voir et c’est là que j’ai commencé à me renfermer, je n’arrivais pas à être moi et je n’étais pas heureuse. Un matin, je suis allée voir ma mère avec ma jumelle, je lui ai dit « Maman, je dois aller consulter, je vous cache quelque chose, je suis avec une fille ». Ma mère n’a pas du tout été étonnée et elle m’a répondu « HA ! c’est ça ? Je pensais que c’était plus grave, tu es ma fille, je le savais depuis longtemps. Je t’ai déjà tendu plein de perches à ce sujet ». Elle a donc super bien accepté. Seule ma mère et mes sœurs étaient au courant, 3 mois ont suivis et j’ai décidé de l’annoncer à mon beau père, il a super bien accepté et il m’a fait une morale sur « on se fou des autres et de ce qu’ils pensent… tant que tu es heureuse c’est le plus important » 

Suite à ça, mon entourage proche le savait, l’entourage proche de ma copine le savait et on pouvait enfin vivre notre histoire d’amour au grand jour,  je pouvais aller chez elle et elle chez moi, on pouvait vivre notre vie. Il y avait seulement mes sœurs et mes parents qui le savaient. Quand j’ai changé de lycée, ma relation s’est dégradée. J’ai rencontré dans ce nouvel établissement une fille qui assumait et c’est elle qui m’a aidé à m’affirmer. C’est là que j’ai commencé à en parler librement. Mais, je n’en parlais pas aux gens de ma classe, je voulais encore garder cette partie de moi, pour moi, et pas revendiquer mon orientation comme ça, à n’importe qui. À la fin de ma relation, je l’ai dit à tout le monde, tout est subjectif mais je me suis vraiment  affirmée. J’ai commencé par mes relations amicales mais je n’ai pas osé en parler directement à mes oncles et tantes et c’est ma mère qui l’a fait pour moi. Ils ont super bien accepté, ils m’ont acceptée tel que j’étais vraiment. Cependant, mes grands-parents ne le savent toujours pas. Au début, j’ai mal vécu la situation de part ma sœur jumelle. J’avais un peu  le seum de ma jumelle car on est souvent comparée, je ressentais ça comme une sorte d’injustice. Elle pouvait vivre sa vie à visage découvert et pas moi. Aujourd’hui, ça va, apriori  je m’assume, je vais en parler facilement mais par exemple au boulot, c’est pas un truc que je dis.   

Ce que je pense de tout ça, c’est que dans la société, c’est de plus en plus normalisé mais il y a encore beaucoup d’aprioris. Les femmes sont plus acceptées que les hommes. Pourquoi ça ? Parce que les femmes vont avoir tendance à davantage acceptés les lesbiennes et les homosexuels que les hommes. Ils vont plus accepter les femmes car c’est un fantasme. Pour en avoir fait les frais, pour eux, les rapports charnels entre femmes sont plus excitants que chez les hommes. Quand on parle à un homme des relations entre hommes, c’est comme si on leur demandait d’en avoir, alors que non, les pauvres, ça touche à leur côté viril, les hommes ont beaucoup plus de mal à accepter, les filles sont plus tolérantes. Je pense qu’il y a beaucoup plus d’hommes refoulés que de femmes. Par exemple, j’ai eu plus de relations avec des femmes hétérosexuelles car elles sont plus ouvertes sur le sujet. Je pense que beaucoup d’hommes aimeraient essayer mais vu comment c’est vu en société, ils ne le font pas et je pense aussi que ce sont les personnes qui éprouvent le plus de rage envers les personnes homosexuelles qui sont frustrées car elles se cherchent.

Aujourd’hui, pour s’assumer, découvrir sa sexualité, on a de la chance d’avoir à disposition beaucoup de contenu sur les réseaux pour se renseigner. On peut facilement en apprendre davantage sur l’homosexualité et notre génération est plus ouverte à tout ça. Pour savoir si on est homosexuel, bisexuel… je pense que la meilleure manière c’est d’essayer, il faut le faire, il n’y a rien de mal. Selon moi, c’est la meilleure des méthodes pour voir si tu kiffes ou pas. Concernant la manière d’annoncer les choses, il n’y a pas de schéma prédéfini, ça dépend des personnes, c’est quand même hyper personnel. Il y a des parents qui vont accepter et d’autres non. Le plus important, c’est que toi, tu sois heureux. Tu peux le faire sous forme de lettre, de message, te poser autour d’une table et discuter ou alors présenter ton copain ou ta copine directement. Tu peux aussi aller voir des structures comme le planning familial qui peuvent te donner des conseils. L’essentiel c’est toi, vis ta vie comme tu le souhaites, restes qui tu es et comme tu es. Il n’y a que toi qui vis pour toi, c’est ta vie et tes choix et ils ne doivent pas dépendre des autres. Aujourd’hui, j’assume mais j’ai encore des difficultés malgré plusieurs années, ils vont en penser quoi ma famille (pour ceux qui ne le savent pas) ? Toutes ces questions trottent dans ma tête mais je me dis tant que la personne me rend heureuse, c’est tout ce que souhaite ma famille et mes amis alors faites de même, soyez heureux ! « 

Et voilà les loustics, je voulais à mon tour donner mon point de vue et parler aussi de mon expérience personnelle mais l’article est déjà assez long comme ça. Ça fera sans doute l’occasion de faire une partie deux sur le même thème. L’idée va encore trotter dans ma tête pour trouver un autre concept mais très proche de celui-ci. J’espère qu’il vous a plu, qu’il aura pu aider certains. Si vous avez des questions ou besoin de parler, je reste à l’écoute. Encore un grand merci à mon amie Pauline pour m’avoir livré son expérience. Je vous fais plein de bisous et je vous retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant, prenez soin de vous !

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