Hello les loustics, comment vous vous sentez today ? Avez-vous passé une bonne semaine ? Personnellement, I’m perfectly fine, je viens de terminer les cours pour cette année de M1 après une grosse semaine de partiels ! Je suis tout excité à l’idée de commencer mon stage dès lundi, une nouvelle aventure débute pour moi, un premier pas dans la vie professionnelle. Bon, je devais écrire cette semaine un article sur comment se préparer aux partiels et donner des tips concernant les révisions. Mais n’ayant pas bossé sérieusement pendant cette semaine intense, je ne me voyais pas sortir un article à ce sujet, ça aurait été trop hypocrite selon moi. Je mets un point d’honneur à être 100% transparent avec vous et je ne me voyais pas parler de choses que je n’avais pas faite. Petit disclaimer, je n’ai pas bossé mes partiels mais j’ai quand même réussi à tout faire, mon travail s’est fait en amont lorsque je réalisais les projets pendant mes cours, c’est à ce moment là que j’ai tout appris. Et oui les universités, c’est en pratiquant qu’on arrive le mieux à apprendre et non pas, en faisant des cours pendant des heures et des heures.
Anyway, le sujet n’est pas ma vision sur les partiels mais j’ai décidé de réagir à un phénomène de société qui me touche particulièrement. Je me suis dit, j’ai une voix, des personnes qui me lisent et il faut que j’utilise ces points pour faire passer un message mais aussi faire bouger les choses. On ne peut plus continuer comme ça ! Vous aussi vous avez cette impression qu’on se fiche littéralement de nous ? En tout cas, c’est l’impression que j’ai et encore plus, depuis cette semaine. J’ai été d’une révolte jeudi en voyant sur tous les réseaux sociaux, le #étudiantsfantômes. Je suis sûr que vous n’avez pas pu louper ça ! Où sommes-nous dans la société aujourd’hui ? C’est pas nous l’avenir de la France ? Comment peut-on oublier une grande partie de sa population ? Le gouvernement fait comme si on n’existait pas, il préfère parler des remontées mécaniques que du bien être moral et psychologique des étudiants, de l’avenir de la France. On préfère rebondir sur la série Lupin qui est interprétée par Omar Sy que de parler des nombreux appels à l’aide des étudiants qui sont à bout. Des étudiants qui souffrent, des étudiants qui sont mis de côté, des étudiants qui n’ont plus foi en la vie et qui doutent quotidiennement de leur avenir. Aujourd’hui, je vous écris cet article pour vous, étudiants mais aussi pour vous, parents et grands-parents. Qu’attendez vous ? Pourquoi vous restez sans rien faire, j’ai une vague impression que les générations au dessus de nous se laissent vivre, elles ont un comportement parfois égoïste, excusez moi, mais c’est ainsi que nous le ressentons, nous étudiants.
Nous sommes les personnes oubliées de la société, et le pire, c’est que soit disant, une grande partie des contaminations sont de nôtre fautes car on voit nos potes, on mange les bonbons qui traînent sur les tables et on prend le métro tous les jours. Ha oui aussi, on fait les magasins tous les week-ends. Non non, c’est pas ça notre quotidien depuis 1 an, il ressemble plus à passer notre journée en pyjama devant notre ordi de 8h à 18h. Une fois fini ça, on aimerait souffler mais bon on ne peut pas sortir ni voir nos potes. Et le week-end, on travaille comme des dingues parce que les universités et les écoles nous écroulent sous le travail. On sort pour faire des courses et non pas se serrer dans les magasins de vêtements, parce qu’on est étudiant et qu’on n’a pas l’argent pour se faire plaisir. On galère à trouver des stages, des jobs étudiants, on reste chez nous toute la journée et quand des informations sortent où sommes nous ? L’état préfère penser aux vacances qu’on aura jamais car ils apportent plus de fric que nous, non nous, on vaut rien ! C’est quand même dingue d’être dans une société où l’argent à plus de valeur que la vie !
On nous reproche de temps en temps de faire des soirées, on nous rapproche de faire trop de bruit en appartement, peu de gens sont indulgents. C’est quoi notre vie ? On s’inquiétait déjà de notre avenir parce qu’on récolte toutes les conneries faites par les générations au-dessus et la faute vient de nous. Aujourd’hui, c’est un coup de gueule que je sort, je ne suis pas habituellement une personne révoltée, mais quand je vois autour de moi, le nombre d’amis, de connaissances qui dépriment, qui n’ont plus goût en la vie, qui veulent arrêter l’école et qui finissent avec des antidépresseurs à 22 ans, moi je dis non ! Je dis non à un gouvernement qui nous met de côté parce qu’on a plus de chance de transmettre le virus pendant nos pauses café qu’en prenant le tram ? Chers ministres, cher président, non, mettez-vous à notre place, descendez de votre nuage politique et venez vivre dans notre monde. On a au pouvoir des personnes qui n’ont même pas les pieds sur terre, comment voulez-vous aller vers un monde meilleur ?
Après 1 an, on a compris, nous jeunes, qu’il faut porter ce fucking masque, qu’il ne faut pas faire n’importe quoi. Nous ce qu’on veut, c’est retrouver un minimum de vie sociale. Car vous adultes, oui, vous allez au travail tous les jours, vous voyez vos collègues, mais nous, on voit des personnes virtuelles, un ordi et un appartement de 20m2 pour une grande majorité de personnes. Mettez vous un peu à notre place, essayez de ressentir ce qu’on peut éprouver et commencer à réagir au lieu de rester passif. Nous, on a que 20 ans, et comment voulez-vous qu’on s’en sorte si personne ne pense à nous ?
Pour vous rendre compte encore plus des choses, j’ai décidé d’inclure deux témoignages de personnes en université pour vous montrer ce que l’on vit, ce que l’on pense et comment on ressent les choses ! Que ce n’est pas nous les mauvais étudiants, et surtout, qu’on existe, on est là !
« Je suis étudiante en première année de master. C’est la première année où j’étudie quelque chose qui me passionne vraiment et dans laquelle je me projette professionnellement. À la rentrée, j’étais réellement motivée et épanouie car j’ai eu la chance d’avoir à peu près un mois en présentiel. Puis il y a eu la fermeture des bars et des restaurants, des lieux culturels, le couvre-feu et le second confinement puis encore un couvre-feu et ainsi de suite. À vrai dire depuis les cours en distanciel (octobre-novembre) j’ai l’impression d’être confinée. Si on n’a pas de cours ni de job ni d’espaces où socialiser, et encore la plupart des étudiants l’ont perdu, on n’a plus rien à faire dehors. Alors oui on va faire les courses et un tour de temps en temps, dans un rayon de 5km quoi, on ne sort pas de notre quartier ou très occasionnellement. Finalement, on se sent un peu comme des fauves en cage. Les cours à distance c’est très pesant, les élèves perdent la motivation car l’énergie collective n’est plus palpable, ce qui fait perdre la motivation aux professeurs qui parlent dans le vide, cercle vicieux. Donc voilà, d’abord il y a une paralysie du présent pour les étudiants. Contrairement aux actifs qui, pour la plupart, ont un sas spatial foyer/travail. Ensuite, on souffre aussi d’une paralysie du futur, ou d’un certain nihilisme. On a vingt ans dans un monde en crise écologique, sociale, politique et sanitaire. En gros on voit notre environnement s’effondrer, notre avenir avec. Comment se projeter dans un climat aussi incertain et pessimiste ? Paralysie du présent et du futur pour les étudiants et les jeunes conscients de ce qui se passe. J’aimerai rappeler qu’en philosophie, on considère le fait de vivre comme une volonté et une action. J’aimerai rappeler à l’Etat, qui se soucie tant de l’économie, que nous sommes sa relève pour l’économie, pour la construction sociale et nationale future. Ce n’est pas normal que des jeunes, qui ne sont qu’au début de leur vie, se donnent la mort. Ce n’est pas comme si j’attendais tout du gouvernement en général, mais l’exécutif actuel prend tout en main et on est au point d’être obligé de s’en remettre à lui. On nous a donné une prime de bourse en décembre. Donc 100€ pour un mois, sur presque un an de confinement pour les étudiants, pour seulement une partie d’entre nous. C’est comme un os à ronger qu’on jette. Je ne me plains pas personnellement mais je doute de l’impact positif pour les étudiants en précarité ou en détresse psychologique. Je pense qu’il y a un travail à faire sur des initiatives étudiantes et sur leur accompagnement sanitaire et psychologique (les ressources des structures académiques existantes ne sont pas mises en avant et peu d’étudiants ont connaissance des services à disposition). » Charlotte, étudiante en M1 Urbanisme à Lyon
« Je prends la vie comme elle vient, c’est compliqué quotidiennement. Certes, c’est cool, tu dors plus le matin mais tu perds en concentration d’être en full distanciel depuis 1 an. Tu décroches petit à petit, moi, il y a plein de cours où j’ai abandonné, tu prends de moins en moins de notes, tu te dis que les cours sont enregistrés et que tu regarderas plus tard, mais tu ne le fais jamais. À mon second semestre, donc pendant le premier confinement, il y a seulement 1 prof sur la dizaine qui s’est mobilisé pour nous, les profs n’étaient pas là, le président de la fac n’était pas là non plus. Il n’y avait aucune communication, personne n’a su gérer. En septembre, j’étais en demi-distanciel, c’était bien, il y avait une bonne hygiène des salles, j’avais un minimum de vie sociale et il y avait moins de monde à la fac. Mais aujourd’hui, ma vie sociale est morte. Je me sens seule, on se sent seul et encore, heureusement que j’ai de potes avec la fac et qu’on s’appelle en visio. On s’occupe mutuellement de nous car personne ne le fait. Personne ne prend en compte nos études, personnes ne prend en compte notre vie sociale. On ne parle pas de nous ! On met en place un couvre-feu à 18h, par exemple, moi le lundi, j’ai cours de 8h00 à 19h00, je les fais quand mes courses ? Je lèche les murs et je mange des cailloux ? J’appréhende, j’ai peur, je ne me sens pas légitime des notes que j’ai eu car les profs sont plus cléments, je suis en train de foirer ma vie. J’ai l’impression que personne ne se bouge pour nous.
On parle des primaires, des collégiens, des lycéens et nous, on se débrouille ! On a deux, trois aides et encore, je n’ai pas beaucoup de bourse, c’est débrouille toi avec tes parents alors qu’ils gagnent un SMIC et qu’ils ont plein de frais à côté. Oui, on a besoin d’aides financières mais aussi morales. Mes profs nous disent, si vous avez besoin d’aide, envoyez nous un mail mais on a une réponse de leur part 3 semaines après. Il y a de plus en plus de décrochages scolaires, c’est compliqué. Heureusement que je suis bien entourée, que j’ai un copain et qu’on se soutient tous. On a besoin de faire bouger les choses mais les 18-25 ans on ne les écoute pas, on n’existe pas. Le trentenaire qui a un enfant est plus écouté que nous. Le gouvernement gère mal, il informe mal, il y en a un qui dit A, l’autre qui dit B, nous on comprend C et ils font D. À Tours, on n’a pas tous la même chose, ils connaissent la situation et ils ne font rien pour que ça aille mieux. J’ai plusieurs partiels de supprimés, on nous donne des DM avec de grandes deadlines, c’est des points faciles à avoir mais que va valoir mon diplôme ? C’est du grand n’importe quoi, on dit les pauvres étudiants mais personne ne fait rien. Je pensais que tout allait bien et que je prenais les choses comme elles viennent mais en écoutant les notes audio que je viens de te faire, enfaite non, je vis mal cette situation et tout le monde s’en fiche.
On a plus de vie sociale, la fac c’est ce qui maintient ce lien. Je me mets à la place des personnes qui ont du mal à se faire des amis, comment vivent-ils la situation ? Je suis chanceuse, je ne suis pas dans un logement Crous, j’ai un bon débit internet, mais comment vont ceux qui n’ont pas ça ? Personne ne s’occupe de nous, personne ne pense à nous, heureusement qu’on est tous solidaires entre nous, heureusement qu’ils sont là les étudiants ! » Florine, étudiante en double licence 2 d’Histoire et de Sociologie à Tours
Et voilà, c’est après ces témoignages poignants que je finis cet article. Les étudiants sont mals, ils sont à bout et qui est là pour leurs venir en aide ? Pour en savoir plus sur le sujet, si vous avez envie de vous engager ou pour toutes autres raisons, je peux vous conseiller le compte instagram @generation_covidfr qui est un mouvement étudiant. Nous avons une voix, vous avez une voix et nous avons besoin de vous pour faire changer les choses. Pleins de bisous mes loulous, à la semaine prochaine !
